Intérieur nuit

10 janvier 2010

J’ai rencontré RCF1 à « Ne nous fâchons pas », le petit bar punk rock de Pigalle où les clients passent leurs propres vinyles rarissimes et merveilleux, dénichés aux quatre coins du monde dans les brocantes de spécialistes, payés au prix fort et échangés sous le manteau. C’est minuscule et bondé, on y boit des hectolitres de bière et on se marche littéralement dessus pour accéder au bar ou aux chiottes. On y porte la frange et la barbe de trois jours, le slim, les cernes, la clope, la veste en cuir ou en jean et les pins des Who ; bref, ambiance. C’est dans ce rade que j’ai fait la sympathique rencontre de RCF1 ("RCF" pour la chanson des Clash, Rudie Can’t Fail), tagueur de l’autre génération, celle des bombes et des couleurs. L’histoire du tag en France, c’est beaucoup de monde et c’est aussi un petit peu lui. Je voulais juste rendre hommage à son travail ici (arrête de penser que je drague tout le temps, lecteur obsédé). C'est un accident de scoot, le blessant à la jambe, qui l'a obligé à préférer les rails aux édifices en hauteur - à chacun sa spécialité. Aujourd’hui, RCF1 est à la Fondation Cartier, et puis ses tableaux sont vendus chez Art Curial, à Genève et sur la Rive Gauche - mais c’est ça aussi, l’histoire du graff. Salut, l'ami !

http://www.speerstra.net